février 24, 2022

Opercule : une pisciculture en pleine ville

 

Éclot en ce moment même la toute première pisciculture urbaine en recirculation du Québec : Opercule. Émergeant du District Central, l’entreprise compte produire d’ici quelques mois de l’omble chevalier qu’elle vendra et livrera directement aux restaurateurs de Montréal en vélo électrique. Portrait d’une petite ferme urbaine aux grandes ambitions.

C’est sur la longue route reliant Montréal à Grande-Rivière, en Gaspésie, que David Dupaul-Chicoine et Nicolas Paquin ont eu l’idée de créer la première pisciculture urbaine du Québec. Fréquentant tous deux l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec et devant souvent s’y rendre, les deux hommes profitaient ainsi de beaucoup de temps pour discuter. « Ça nous laissait plusieurs heures pour tergiverser sur des idées plus farfelues les unes que les autres! », raconte Nicolas Paquin.

Nicolas Paquin, co-fondateur d’Opercule

 

À la suite de leur formation, David et Nicolas ont donc choisi de bâtir, en 2018, un projet d’aquaculture à Montréal. Plus facile à dire qu’à faire! Les règles du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec sont rigoureusement strictes, tout comme celles concernant l’environnement. Les cofondateurs décident donc de s’établir en plein cœur de la métropole. « Vu la règlementation en vigueur, c’est la solution qui nous semblait la plus logique et ça facilitait du même coût la proximité à notre marché », explique Nicolas.

 

Des œufs du Yukon

Après deux années marquées surtout par la demande et l’obtention de permis auprès des différents paliers de gouvernement, Opercule a démarré plus concrètement ses activités en 2021. « On a alors commencé la construction. Et on est en construction intensive depuis juillet! Le 22 novembre dernier, on a enfin reçu notre première livraison d’œufs du Yukon », révèle Nicolas. Les 60 000 œufs d’omble chevalier, une espèce indigène de la même famille que le saumon et la truite arc-en-ciel, commencent tout juste à éclore et de petits alevins frétillent déjà dans les bassins d’Opercule, fraîchement installés. Les cofondateurs ont d’ailleurs opté pour un système en recirculation qui leur permettra de recycler 99,5% de l’eau. « Pour toute notre production, on utilisera à peu près 14 litres d’eau par minute, contrairement à une pisciculture traditionnelle qui utiliserait plusieurs milliers de litres à la minute », souligne Nicolas.

Filtration d’eau mécanique et biologique

 

Un quartier central, urbain et foisonnant
Basé dans un local de 5000 pieds carrés, Opercule a trouvé chaussure à son pied dans le District Central. Comme les deux entrepreneurs visent le circuit court, le secteur est donc tout indiqué pour facilement procéder à la livraison à vélo électrique. « C’est vraiment central pour la région de Montréal. On va pouvoir rejoindre directement les restaurateurs assez facilement », ajoute Nicolas. De plus, une pisciculture requière d’importantes installations, qui nécessitent de l’espace et un aménagement particulier. « Le District Central est un endroit totalement approprié pour faire ce type d’opérations. Et le propriétaire aussi était très compréhensif, parce que c’est quand même la première pisciculture urbaine du genre au Québec! Il fallait qu’il soit assez ouvert pour accepter ce type de projet », mentionne Nicolas.

 

Le bâtiment pour lequel ont opté David Dupaul-Chicoine et Nicolas Paquin n’est pas le fruit du hasard. Il s’agit de celui où évolue la Centrale agricole, une coopérative d’agriculture urbaine aux mêmes valeurs que le duo derrière Opercule. C’est elle qui sous-loue ses locaux à la pisciculture. « Elle regroupe des producteurs, des transformateurs. Ce que ça nous permet de faire, c’est de créer des belles synergies et de l’économie circulaire, parce que certains de nos déchets deviendront des intrants pour d’autres entreprises. On va être vraiment capables d’optimiser notre processus à travers cette réutilisation », poursuit Nicolas. En effet, la boue que forment les rejets des poissons contient beaucoup de nitrate et de phosphore, des éléments qui peuvent devenir de bons engrais pour les plantes, par exemple.

 

Petit poisson deviendra grand
Pour Opercule, 2022 sera sous le signe de l’élevage, les alevins se transformant tranquillement en poissons. « Présentement, on se concentre à mettre la ferme en fonction. Par la suite, ce sera vraiment de créer des partenariats avec les autres entreprises des environs. », précise Nicolas. D’ici un an, la pisciculture produira des poissons de 350 g à 400 g. Et ce n’est qu’en 2023 que ces ombles chevaliers atteindront les 2,5 kg à 3 kg. « On fait l’entièreté du processus d’élevage, soit de l’œuf jusqu’à une taille commercialisable, dans un système de recirculation, ce qui est une première au Québec », termine le cofondateur. Et l’entreprise a même des plans d’agrandissement et d’amélioration, mais c’est pour plus tard… d’abord, petit poisson doit devenir grand!

 

Écrit par Elizabeth Pouliot

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