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avril 4, 2025

Mission en France : des visites structurantes pour le District Central

La Société de développement commercial (SDC) District Central et différents acteurs du milieu ont visité à la mi-mars le département français en pleine transformation Seine-Saint-Denis, près de Paris, et d’autres quartiers à proximité. Ils ont voulu voir notamment la façon dont leurs espaces industriels ont été revalorisés, comment se vit la mixité des usages et comment des circuits courts de commercialisation y ont été développés. Geneviève Dufour, directrice générale adjointe de la SDC District Central, revient sur les points marquants de ces visites.

Vous avez réalisé une mission économique de quatre jours en France : qu’en retenez-vous, globalement ?

« Que chaque territoire est unique et qu’on ne peut pas simplement appliquer chez nous ce qui a été fait ailleurs. On le savait, mais ça a été marquant. Nous avons des pratiques assez différentes au District Central, mais on pourra quand même s’inspirer de certaines choses qui y ont été mises en place en France. »

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Qu’est-ce qui vous a le plus inspiré ?

« Le port de Javel situé pratiquement au pied de la tour Eiffel, à Paris. Des industries lourdes comme celle du béton y sont présentes depuis très longtemps et en même temps, la municipalité a la volonté de se réapproprier les berges de la Seine pour que les résidents et les touristes puissent y pratiquer des activités de détente et de loisir. Pour arriver à faire cohabiter les différents usages, un processus de consultation a été réalisé. La société HAROPA PORT qui gère les activités portuaires a créé un poste pour réaliser les consultations avec la communauté et un dialogue a été ouvert avec tous les usagers. Une charte des usages a même été réalisée et mise en place pour que tout le monde y trouve son compte. Les industriels ont adopté des mesures d’accommodement. Par exemple, la bétonnière Lafarge, qui a un accès direct à la Seine, a réaménagé ses installations afin de créer un passage pour permettre aux gens de marcher sur la rive. Le chemin est fermé temporairement et les gens doivent contourner l’usine seulement s’ils sont en train de transporter de la marchandise vers le bateau. Cette approche nous a beaucoup inspirées parce que la consultation est importante au District Central et nous travaillons sur une charte éthique-économique. Nous sommes en recherche et développement avec la firme ELEMENTS Planification Urbaine qui a aussi participé à la mission, donc qui a pu y valider plusieurs choses. »

Port de Javel    

Comment le circuit court a-t-il été mis en place ?

« Nous l’avons vu dans l’agriculture urbaine. La Cité Maraîchère de Romainville, dans Seine-Saint-Denis, est une serre verticale urbaine toute vitrée de 700 m2 avec des salles pour faire de l’éducation, un marché et un restaurant au rez-de-chaussée qui est vraiment devenu un lieu communautaire. La cheffe Hawa Touré change son menu chaque jour et y intègre des aliments frais cultivés au-dessus de sa tête ! Nous y sommes allés le mercredi midi et c’était plein ! Il y avait des gens très diversifiés, des grands-parents avec leurs petits-enfants qui semblaient fêter un anniversaire, des travailleurs, des professionnels en mission économique (nous!), etc. Pourtant, c’est un bâtiment un peu à l’écart : il faut savoir qu’il est là. C’est génial, parce que les gens viennent à eux. Le modèle de la Cité Maraîchère est très inspirant pour le District Central qui a beaucoup d’agriculture urbaine, notamment avec la Centrale agricole. Il intègre non seulement la production, mais aussi, la commercialisation en misant sur le volet communautaire et en créant un repère dans son milieu, un lieu de rassemblement. »

Cité maraichère  

Qu’avez-vous vu de très différent dans les façons de faire en France ?

« Le secteur manufacturier a été plutôt évacué lors de la transformation de Seine-Saint-Denis. On n’y voit pas non plus beaucoup d’éléments du patrimoine industriel, à l’exception de La Communale, une halle gourmande installée dans l’ancienne usine d’Alstom au cœur de l’écoquartier des Docks de Saint-Ouen-sur-Seine où on y présentera aussi bientôt des spectacles. À part de cette initiative qui souhaite devenir le lieu de rassemblement du quartier, tout semble neuf. En France, les villes contrôlent beaucoup leur foncier. Elles ont tendance à acheter les terrains et de l’immobilier, à raser l’existant et à reconstruire. Il n’y a pas non plus d’affichage qui explique l’histoire du quartier, à l’exception de la Serre de Wangari située aux Docks. Au District Central, l’importance de valoriser la mémoire collective de nos industries et des travailleurs qui ont bâti le quartier a été fortement nommée dans nos consultations au fil des ans. C’est important pour la communauté de valoriser le patrimoine et nous travaillons actuellement à le mettre plus de l’avant. »

La communale 

Comment les artères commerciales ont-elles été développées ?

« Là aussi, il y a des différences. En France, les villes ont également tendance à acheter des locaux et à mettre ce qu’elles veulent dedans. Par exemple, le tissu commercial de Saint-Denis manquait de diversité et c’est ce qui a été fait. La Ville a créé en 2019 une foncière commerciale, la Société d’économie mixte locale (SEML) Saint-Denis Commerces. Elle acquiert, rénove et exploite des locaux pour proposer une offre variée et qualitative à ses habitants. La revitalisation se fait donc très rapidement. Elle a nettoyé, elle a amené du beau. On sentait bien la fierté des gens de la Ville et de la SEML alors qu’en six ans, incluant une période de pandémie, ils comptent déjà une quarantaine de locaux dans leur portefeuille. Impressionnant, si ce n’est que leur approche n’implique pas de consulter ni de concerter la communauté existante autour du projet. Ça soulève également des questions au sujet de l’embourgeoisement. »

Est-ce qu’une visite vous a particulièrement surpris ?

« Celle des Puces de Paris Saint-Ouen. Ce gros bazar dans les rues où on trouve toutes sortes de choses est vraiment un autre modèle. C’est le chaos ! Mais, ça marche ! Ça faisait du bien de voir que tout n’a pas toujours besoin d’être organisé. On est très rigide au Québec avec l’aménagement du territoire. On perd parfois cette agilité, ces opportunités de développement et d’activités économiques plus organiques. Au bout du compte, voir des façons de faire en France qui sont semblables aux nôtres et d’autres très différentes nous a aidés à nous poser des questions pour bien nous définir et continuer d’avancer en respectant nos valeurs. »

Saint Ouen

Qu’ont-elles retenu de la mission économique en France ?

 

Martine Peyton, présidente, ELEMENTS Planification Urbaine

« La Charte des usages du port de Javel, au cœur de Paris, m’a le plus marqué. Des engagements communs qui s’articulent autour des thèmes du bien vivre ensemble ont été signés par plusieurs acteurs comme des associations d’habitations, des organisations touristiques, des industriels, des mairies d’arrondissement et des commissariats. La gouvernance est assurée par le Conseil de la Charte. C’est inspirant pour tout territoire industriel qui souhaite concilier des intérêts économiques forts, introduire une cohabitation d’usages tout en adoptant des pratiques de responsabilité sociétale et environnementale. »

Stéphanie Cardinal, présidente, HUMÀ Design + Architecture

« J’ai été inspirée par la mise en place de l’écoquartier des Docks de Saint-Ouen-sur-Seine et les objectifs qu’il a atteints. On parle notamment de création de parcs, d’habitations et d’artères commerciales qui intègrent l’art public, le principe de rue partagée et de noue paysagère, de même que l’économie circulaire. Il y a aussi le Pôle énergie et la conservation d’usines. Je crois qu’à plusieurs niveaux, cet écoquartier peut inspirer le développement du District Central. »

Marie-Claude Breault, courtière immobilière agréée commerciale, Mobilis Agence Immobilière

« J’ai été impressionnée de voir comment la Ville de Saint-Denis a pu structurer, sécuriser et embellir ses rues commerçantes. Pour faire ce qui a été fait, ça prend de la conviction et du courage politique. »

Eugénie Lévis, coordonnatrice exécutive, Matelas Sélection

« J’ai été marquée par la cohabitation entre la bétonnière Lafarge et les riverains au port de Javel dans le cadre emblématique de la tour Eiffel. C’est un bel exemple d’équilibre entre une nécessité industrielle et le respect du patrimoine où bateaux, industries, touristes, cyclistes et piétons sont impliqués dans la recherche de solutions pour partager intelligemment un territoire. »

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Ce projet est soutenu par le ministère des Relations internationales et de la Francophonie du Québec et le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères de la République française, dans le cadre Commission permanente de coopération franco-québécoise (CPCFQ).

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