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février 3, 2026
Les défis et exigences d’un processus de transformation ambitieux
Au cours des dernières années, le District Central est parvenu à attirer de nombreuses entreprises. Ses atouts lui ont aussi valu d’être désigné zone d’innovation métropolitaine en 2021. Porté par le déploiement d’un Plan d’interventions Signature en aménagement urbain, le quartier a en outre fait l’objet d’une visibilité sans précédent dans l’espace public. Certaines interventions récentes sur le territoire, effectuées sans réelle concertation avec les acteurs du milieu, ont toutefois eu l’effet d’une douche froide et rappelé la complexité inhérente à un processus de transformation aussi ambitieux.
Urbaniste et présidente de la forme ELEMENTS Planification urbaine, Martine Peyton est catégorique. Maintenir en santé un écosystème comme le District Central, où se côtoient des manufactures urbaines, des commerces et des îlots résidentiels, est un jeu d’équilibriste. « Pour réussir, dit-elle, la cohabitation exige la prise en compte des besoins et des réalités de chacun. Les projets d’aménagement urbain n’échappent pas à cette règle et y déroger n’est pas sans conséquence. »
Hausse des coûts d’exploitation et de production des entreprises, diminution du sentiment de sécurité général, écueils sur le plan de l’accessibilité, le déploiement d’une piste cyclable dans un secteur à forte concentration industrielle a démontré les effets immédiats que peuvent avoir des projets d’aménagements mal intégrés au territoire.
Pour Alexandre Watson, chef de la valorisation foncière chez Landerz, les conséquences à long terme sur l’attractivité du territoire pourraient être encore plus importantes. « Quand une entreprise choisit une localisation, elle choisit non seulement un édifice, mais aussi un tissu socioéconomique précis. Quand l’environnement change, cela peut l’amener à remettre sa décision en question, voire l’inciter à partir. Or, ajoute l’expert, « qui dit départs, dit locaux vacants et dévaluation progressive de la valeur marchande des édifices, c’est une spirale dangereuse pour tout propriétaire immobilier. L’impact négatif sur la valeur foncière ne se fait pas sentir en une journée, mais si rien n’est fait pour y remédier, il est très probable sur un horizon de 5 à 10 ans. Et il ne se limite pas aux locaux commerciaux. Moins d’entreprises, c’est moins de travailleurs. Moins de travailleurs, c’est moins de commerces et éventuellement moins de logements ».
Le comité mobilité de la SDC District Central en pleine réflexion pour concilier développement économique et mobilité durable.
La SDC District Central croit pour sa part que tout est encore possible. « Jusqu’à présent, nous sommes parvenus à mobiliser la communauté et à trouver des voies de passages ralliant tous les acteurs. Les gens croient au potentiel du territoire et la relation de confiance établie avec eux fait en sorte que notre capacité à fédérer les efforts est intacte. C’est plus qu’il n’en faut pour poursuivre sur notre lancée, affirme la directrice générale de la SDC District Central, Hélène Veilleux.
Martine Peyton partage le même point de vue. « Le District Central, dit-elle, bénéficie d’un avantage notable comparativement à d’autres pôles industriels planifiés. Les entreprises qui y sont installées, incluant les manufactures urbaines, ne souhaitent pas opposer leurs activités économiques au développement d’un territoire plus durable. Elles croient plutôt que cette mobilisation permet aux entreprises de participer activement à tous les facteurs composant leur territoire. C’est un levier à miser plus que jamais pour assurer la pérennité des solutions d’aménagement proposées et l’investissement adéquat des fonds publics dédiés aux infrastructures.
Si l’urbaniste insiste autant sur l’engagement du milieu, c’est qu’à son avis, il est essentiel à la poursuite de la requalification territoriale entamée, tout comme la cohérence entre les discours et les actions. « Les efforts de positionnement du District Central ont eu des effets positifs. Les différents paliers de gouvernement ont non seulement accepté la transformation entreprise, ils l’ont soutenue financièrement. Dans ce contexte, il est essentiel de considérer l’environnement bâti et le contexte socio-économique. Advenant un ajustement requis à la planification territoriale, il faut le reconnaître et retourner à la table de planification rapidement, en misant sur une concertation réelle des parties prenantes, un dialogue ouvert et une quête de solutions cohérentes avec les investissements faits et la réalité du territoire. »
Pour Hélène Veilleux, les enjeux dépassent largement le quartier. « En raison des tarifs imposés par les États-Unis, l’économie du Québec et du Canada est vacillante. Miser sur la production locale est une manière d’y remédier. Le faire en milieu urbain, à proximité des milieux de vie, est gagnant en matière de développement durable. La cohabitation entre développement économique et mobilité active est tout à fait possible. D’autres l’ont fait avant nous. Je suis persuadée que nous saurons être innovants et devenir une référence. »
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